
Hausse de salaire des élus fédéraux
Nécessaire, mais il leur faut siéger plus souvent
Paru le mardi 14 avril 2026 | Catégorie: Section spéciale
(LAG-Spécial) Texte intégral d'un éditorial paru dans The Hill Times hier matin. Les députés et les sénateurs ont bénéficié d'une augmentation de salaire le 1er avril. Cette hausse est automatique et prévue par la Loi sur le Parlement du Canada. Le premier ministre Mark Carney gagne désormais 435 400 $ par année, le chef conservateur Pierre Poilievre 321 300 $ et le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet 291 100 $. La plupart des électeurs n'apprécient guère d'apprendre que les parlementaires reçoivent des augmentations de salaire. Les politiciens sont une cible facile et qui ne coûte rien à critiquer. Pourtant, les députés, les sénateurs, les ministres, les chefs de parti et le premier ministre méritent tous d'être bien et rémunérés de façon juste, ce qui est le cas présentement au fédéral.
Siéger plus souvent
Cependant, les députés et les sénateurs devraient siéger plus souvent, surtout en cette période particulièrement difficile. Cette année, la Chambre siégera 117 jours, après une pause estivale de trois mois et une pause hivernale de six semaines. Le salaire de base d'un député a été porté à 217 700 $, contre 209 800 $ l'an dernier, soit une augmentation de 7 900 $. Le président de la Chambre, les ministres et le chef de l'opposition officielle ont chacun reçu une augmentation de salaire de 11 600 $, pour un total de 321 300 $.
Les secrétaires d'État ont bénéficié d'une hausse de 2 800 $, portant leur rémunération totale à 295 200 $. Il ne fait aucun doute que les parlementaires fédéraux canadiens sont bien rémunérés. Olivier Duhaime, directeur des communications du président de la Chambre, explique que les salaires des parlementaires sont ajustés chaque année, le 1er avril, en fonction de l'indice de la hausse moyenne des salaires de base au Canada pour une année civile, résultant des principales ententes négociées dans le secteur privé.
Insultant pour les contribuables?
Franco Terrazzano, directeur de la Fédération canadienne des contribuables, a déclaré au journal The Hill Times que l'augmentation salariale est « une gifle » et « un manque de respect envers les Canadiens » qui subissent les pressions du coût de la vie. Il a soutenu que les députés et les sénateurs devraient accepter une réduction de salaire. Le député conservateur Mike Dawson, qui a remporté la circonscription de Miramichi-Grand Lake (au Nouveau-Brunswick) lors des dernières élections avec une marge de seulement un pour cent, affirme qu'il ne souhaite pas cette augmentation alors que les Canadiens sont confrontés à une crise du coût de la vie et qu'il cherche à savoir comment la refuser.
Le député conservateur Scott Reid, quant à lui, affirme qu'il fait don de 20 000 $ de son salaire chaque année depuis 2001 à des organismes de bienfaisance locaux de sa circonscription, mais qu'il a pu le faire grâce à sa situation financière personnelle « exceptionnellement favorable ». M. Reid est vice-président du conseil d'administration de Tigre Géant Ltd., et sa famille détient une participation majoritaire.
L’ancien député libéral Joe Jordan affirme que des salaires concurrentiels sont essentiels pour attirer les meilleurs talents au Parlement et que la rémunération devrait être fixée sans influence politique. « Si nous croyons qu’ils accomplissent un travail précieux, ils devraient recevoir un salaire concurrentiel », a déclaré M. Jordan.
Les députés passent beaucoup de temps loin de leur famille, font la navette entre leur circonscription et Ottawa et siègent dans les comités parlementaires. Ils devraient être justement rémunérés pour le temps qu’ils y consacrent et leur salaire devrait être concurrentiel. Mais ils devraient aussi être plus présents à Ottawa.
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Éditorial publié dans The Hill Times© hier































