
Ingérence de l'Inde
Oui, mais on a besoin de faire du commerce
Paru le lundi 16 mars 2026 | Catégorie: Relations internationales
(LAG-The Hill Times) Depuis une semaine ou deux, chaque fois que le gouvernement fédéral tente d’expliquer la position du Canada à l’égard de l’Inde, il ne s’en sort pas très bien. Il existe une explication très simple à cette incohérence, mais il y en a une autre, plus alarmante, qui mérite qu’on s’y attarde.
Commençons par l’incohérence elle-même. Avant le récent voyage du premier ministre Mark Carney en Inde, un haut fonctionnaire fédéral, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a déclaré aux médias que l’Inde avait cessé ses opérations contre le Canada. « Je crois que nous pouvons affirmer avec confiance que ces activités ne se poursuivent pas », a déclaré le fonctionnaire, cité par Radio-Canada. « Si nous croyions que le gouvernement indien s’ingérait activement… » Nous n’aurions « probablement pas entrepris ce voyage, si le processus démocratique canadien n’était pas en place ».
Cette déclaration audacieuse laissait entendre qu’un problème réel avait été résolu, mais elle a immédiatement suscité une vive réaction de la part des Sikhs canadiens qui se sentent toujours visés. Quelques jours plus tard, un responsable du SCRS a confirmé au National Post que le service de renseignement continue de croire que l’Inde se livre toujours à ce comportement alarmant.
Suite à cela, le premier ministre Carney et la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, ont refusé de répondre aux questions directes concernant les préoccupations qui pourraient subsister. Mais, compte tenu du réalignement évident des forces géopolitiques, nous avons besoin de l’Inde à nos côtés, et nous sommes prêts à sacrifier certains de nos propres citoyens pour y parvenir. (Chronique de Matt Gurney, journaliste basé à Toronto publié dans The Hill Times. Il est corédacteur de The Line (ReadTheLine.ca), un magazine en ligne.)
Prudence demandée
De nouvelles données de l’Institut Angus Reid (en date du 1er mars), organisme sans but lucratif, en partenariat avec la Fondation Asie Pacifique du Canada, révèlent qu’une majorité de Canadiens estiment que le voyage de Carney en Inde arrive à point nommé, tout en se montrant prudent quant au rythme des négociations commerciales. Les négociations relatives à l’Alliance de partenariat économique global (APEC) entre l’Inde et le Canada font suite à un dégel diplomatique amorcé par Carney peu après sa victoire à la tête d’un gouvernement minoritaire lors des élections de l’année dernière.
Une majorité (57 %) estime que le Canada devrait privilégier le commerce et l’investissement en général dans ses relations avec l’Inde, tandis que l’énergie (31 %) figure également parmi les principaux axes de coopération potentiels, devant les technologies émergentes (16 %), l’immigration de main-d’œuvre hautement qualifiée au Canada (14 %) ou la sécurité et la défense (7 %).
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