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Message au gouvernement

Agir ensemble pour préserver la dignité et les droits en détention

Paru le | Catégorie: Justice

(R.I.) Alter Justice exprime […] ses préoccupations quant aux impacts de la nouvelle directive du ministère de la Sécurité publique (MSP), qui avance l’heure de confinement dans les établissements carcéraux du Québec.

 

Alors qu’avant le 11 mars 2026 les personnes détenues étaient confinées à partir de 23 h, elles devront désormais regagner leur cellule dès 21 h. Cette mesure, présentée comme temporaire, restera en vigueur jusqu’au 31 octobre 2026 et fera l’objet d’une évaluation au cours des prochains mois (Le Soleil, 2026).

 

Cette décision s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des restrictions importantes. En novembre dernier, l’imposition d’un couvre-feu à 20 h avait suscité de vives critiques tant chez les personnes incarcérées que chez les agents correctionnels (La Presse, 2025).

 

Plusieurs avaient alors dénoncé une mesure précipitée, mal adaptée aux réalités du milieu et susceptible d’aggraver les tensions. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que la directive actuelle échappera aux mêmes difficultés, d’autant plus qu’elle intervient dans un climat institutionnel fragilisé par la pénurie de personnel et par des conditions de détention déjà largement documentées comme préoccupantes.

 

Des répercussions possibles sur les droits et la réinsertion sociale

Alter Justice s’inquiète des conséquences que pourrait entraîner ce confinement anticipé sur les droits fondamentaux, la santé et les conditions de vie des personnes incarcérées.

 

En réduisant de deux heures le temps passé hors cellule, cette directive risque de limiter la capacité des personnes détenues à communiquer avec leur avocat, ce qui pourrait nuire à la préparation de leur défense, ralentir leurs démarches judiciaires et compromettre l’équité de leur processus.

 

Dans un système où les délais, les obstacles administratifs et les contraintes logistiques sont déjà nombreux, chaque minute de disponibilité compte.

 

La réduction du temps disponible en soirée pourrait également restreindre l’accès aux programmes, aux activités et aux ressources essentielles à la réinsertion sociale.

 

Pour plusieurs personnes incarcérées, ces moments représentent les seules occasions de participer à des ateliers, de consulter des intervenants, de poursuivre des démarches personnelles ou de maintenir un lien minimal avec leur communauté.

 

En limitant ces possibilités, la directive risque de freiner des parcours de réhabilitation déjà fragiles et de compromettre les efforts visant à réduire la récidive (Première heure,2026).

 

Un risque accru de tensions en établissement

Bien que la directive soit présentée comme une réponse au manque de personnel, elle pourrait paradoxalement accroître les tensions en établissement.

 

La frustration générée par ces nouvelles restrictions risque d’entraîner des refus de collaborer, des contestations ou des débordements, mettant à risque la sécurité tant des personnes incarcérées que du personnel correctionnel (Le Soleil, 2026).

 

Les agents, déjà confrontés à une charge de travail importante et à des conditions difficiles, pourraient se retrouver en première ligne face à des réactions exacerbées par un sentiment d’injustice ou d’incompréhension.

 

Les établissements de détention sont des milieux où l’équilibre repose sur des routines, des repères et une certaine prévisibilité. Toute modification brusque ou mal expliquée peut perturber cet équilibre et générer des tensions.

 

En avançant l’heure de confinement, le MSP impose un changement qui, bien que présenté comme administratif, touche directement la vie quotidienne, le bienêtre et la dignité des personnes incarcérées.

 

Les effets de cette mesure demeurent incertains, mais une chose est claire : le ministère de la Sécurité publique a l’obligation de garantir le respect des droits des personnes détenues, quelles que soient les contraintes opérationnelles auxquelles il fait face.

 

Appel à la vigilance et aux signalements

Alter Justice invite toute personne incarcérée, tout proche ou tout témoin d’une situation préoccupante à communiquer avec le Protecteur du citoyen afin de signaler la situation.

 

Les signalements sont essentiels pour documenter les impacts réels de cette directive et pour s’assurer que les droits des personnes incarcérées soient respectés.

 

C’est en dénonçant ces réalités que nous pouvons collectivement améliorer les conditions de détention au Québec et encourager des pratiques plus humaines, plus transparentes et plus responsables.

 

Le Protecteur du citoyen peut être joint au 1 800 4635070.

 

À propos d’Alter Justice

Alter Justice est un organisme sans but lucratif qui informe, soutient et accompagne les personnes judiciarisées tout au long de leur parcours. La défense des droits des personnes incarcérées et judiciarisées est au cœur de sa mission.

 

L’organisme travaille à promouvoir un système de justice plus équitable, plus accessible et plus respectueux de la dignité humaine.

 

Pour toute question, pour obtenir de l’information ou pour signaler une situation préoccupante, il est possible de communiquer avec Alter Justice au 1 833 5299031.

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(R.I.) : communiqué repris intégralement.

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