
Message au gouvernement
Journée des travailleurs : droits piétinés, faut résister!
Paru le lundi 04 mai 2026 | Catégorie: Travail
(R.I) À l'occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, des milliers de personnes issues des organisations syndicales, communautaires, étudiantes et citoyennes ont uni leurs voix lors d'une grande marche au centre-ville de Montréal pour clamer haut et fort leur indignation devant les reculs importants subis au Québec en matière de droits économiques, de droit du travail et de filet social. »
« Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement continuer de piétiner nos droits. Nous nous réunissons aujourd'hui pour lui signifier que nous résistons, et résisterons aussi longtemps qu'il en sera nécessaire », affirment d'une même voix les porte-paroles de l'événement Mouvement syndical : Luc Vachon, président de la CSD et représentant du mouvement syndical, Claudia Fiore-Leduc, responsable de la mobilisation pour le RQ-ACA et représentante du mouvement communautaire, ainsi que Clémentine Bergeron-Isabelle, vice-présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et représentante du mouvement étudiant.
Les travailleuses et travailleurs attaqués de toute part
Le slogan de cette année, « Droits piétinés, faut résister! », reflète une réalité préoccupante : l'érosion continue des conditions de vie et de travail des Québécoises et des Québécois.
Au cours des dernières années, les travailleuses et les travailleurs ont été durement touchés par des politiques qui fragilisent leurs acquis. La Loi 4 (projet de loi no 3), qui impose un carcan administratif aussi inutile qu'insensé aux organisations syndicales et aux milieux de travail, la Loi 14, qui affaiblit le pouvoir de négociation et la capacité d'améliorer les conditions de travail, ainsi que la Loi 28, qui instaure un régime discriminatoire en santé et sécurité du travail dans les réseaux de l'éducation, de la santé et des services sociaux, en sont des exemples concrets.
À cela s'ajoutent les compressions draconiennes dans les services publics, des réorganisations mal planifiées et, plus récemment, le projet de loi no 27.
Celui-ci viendra rendre les chantiers de construction encore plus dangereux et abolir des décrets de convention collective, risquant de faire stagner les conditions de travail dans plusieurs secteurs visés, voire de les réduire.
Les atteintes aux droits fondamentaux se multiplient. Au bout du compte, c'est le pouvoir collectif des travailleuses et des travailleurs qui est directement attaqué.
Les femmes et les personnes en situation de vulnérabilité, notamment celles occupant des emplois précaires, de même que les travailleuses et travailleurs migrants ou demandeurs d'asile, sont particulièrement touchés par la dégradation des conditions.
Du côté des groupes communautaires autonomes, le manque de soutien financier de l'État mène à l'épuisement généralisé des équipes et limite leur capacité à défendre les droits de la population, en plus de contribuer à l'appauvrissement des femmes, celles-ci occupant la majorité des emplois de ce secteur essentiel pour la démocratie et même pour l'économie.
Bien au-delà du travail : des enjeux qui touchent toute la société
En raison de la crise du logement, la part des revenus consacrée au loyer s'accroît constamment, rendant l'accès à un logement adéquat de plus en plus difficile.
La flambée des loyers, les évictions abusives et le manque criant de logements sociaux contribuent à creuser les inégalités et à fragiliser les ménages à faible et modeste revenus. Inévitablement, les tracas et préoccupations que provoque cette situation se répercutent au travail.
C'est pourquoi nous militons, en cette Journée internationale des travailleuses et travailleurs, pour que se loger dignement soit reconnu comme un droit fondamental et non comme un privilège.
Parallèlement, l'effritement du filet social compromet l'accès à des services publics de qualité. Le sous-financement chronique des secteurs de la santé, des services sociaux, de la fonction publique et de l'éducation, conjugué à une ouverture accrue au privé, accentue les inégalités et alourdit le fardeau des travailleuses et des travailleurs qui portent ces services à bout de bras.
Les compressions budgétaires, les suppressions de postes et la pression exercée sur les organismes communautaires affaiblissent un système déjà fragilisé.
Défendre le filet social, c'est garantir un accès universel à des services essentiels et assurer une redistribution équitable de la richesse.
Des crises multiples : économique, climatique et sociale
Dans un contexte de crises multiples -- économique, climatique et sociale -- la nécessité d'une transition juste s'impose.
Celle-ci doit se faire dans le respect des droits des travailleuses et des travailleurs et en tenant compte des réalités des personnes les plus vulnérables.
Lutter contre les changements climatiques ne peut se faire au détriment de celles et ceux qui peinent déjà à joindre les deux bouts. Une société véritablement équitable veille à ce que personne ne soit laissé pour compte.
Enfin, la défense des droits passe par la reconnaissance et le respect des contre-pouvoirs. Les organisations syndicales, communautaires et de la société civile jouent un rôle essentiel dans la protection des droits et de la vitalité démocratique. Les affaiblir revient à compromettre l'équilibre même de notre société.
« En cette Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, nous lançons un appel clair : il est temps de résister, de se mobiliser et de revendiquer un modèle de société fondé sur la justice, la solidarité et le respect des droits. Ensemble, faisons front pour défendre nos acquis et construire un avenir plus équitable pour toutes et tous », concluent les porte-paroles.
SOURCES : APTS, CSD, CSN, CSQ, FAE, FIQ, FTQ, SFPQ, SPGQ, TRPOCB, AICF, UEQ, MASSE, FRAPRU, MÉPACQ, RQ-ACA, FECQ
-/-/-/-/-/-
(R.I.) : communiqué repris intégralement.





























